Archives mensuelles : septembre 2015

Des morts-vivants dans une boîte d’allumette

Dans ma boîte. Allongé. Allumette parmi d’autre, parmi mes collègues allumettes.

C’est oppressant, une boîte. Surtout quand il n’y reste presqu’aucune place.

Cet état me met en colère, la tête me brûle et, forcément, je m’enflamme.

A ma plus grande surprise – et plus grand soulagement – ma flamme ne se propage pas aux autres allumettes. « Bien sûr, me dis-je, ils sont morts dans leur tête « . Et là, je n’ai plus qu’une pensée : fuir.

Je me réveille en sueur plein de terreur d’avoir séjourné si longtemps au pays des morts-vivants.

Couche

Je me réveille, il fait nuit, et j’ai une énorme envie d’uriner. Impossible de me lever, je pèse une tonne et aucun de mes muscles n’obéit aux ordres que je leur donne d’une voix de plus en plus suppliante.

Et soudain, j’éclate de rire en me souvenant que je porte une couche. Quel étourdit je fais !

L’instant d’après, je flotte confortablement dans l’eau claire d’une pissine publique. De temps à autres, des maîtres nageurs s’y soulagent, perchés sur les plongeoirs. Quoi ! Il faut bien maintenir le niveau !

Je fredonne en nageant d’un bout à l’autre, plein d’une sensation de légèreté.

Edmundtown

Les rues d’Edmundtown sont désertes. En plein midi il fait une chaleur de tous les diables.

J’accompagne S. à l’école. J’ai un doute : sommes-nous dimanche ? Est-ce un jour férié ?

Nous entrons dans un « dinner » boire un crakola. Surprise, c’est plein à craquer là-dedans !

Je commande les liqueurs de cacao et demande à S. de m’avancer les deux Thalers qui me manquent.

Il acquiesce et pose ses mains sur ses yeux. Lorsqu’il les retire, il a une grosse pièce dorée dans la main. Et ses yeux ont disparu. Une peau uniforme va de son front à ses joues et son nez.

Interloqué, je lui dis que ce n’est pas bien malin, qu’il ne va rien voir en classe. Il sourit et me répond : « pas grave p’pa, tu me les rembourseras bientôt « .

CQFD.

Quitter Tel-Aviv

Nous entrons dans l’aéroport en franchissant l’un des quarante portiques dressés cote-à-cote. Avec leur tapis roulant latéral, j’ai le sentiment de passer à la caisse d’un supermarché dans le sens inverse.

Nos valises à roulette à la main, nous cherchons notre chemin dans le dédale des linéaires de cet immense aéroport, décidément aménagé comme une grande surface.

La peur de rater l’avion nous gagne et pourtant, curieusement, je prends le temps de rester observer un groupe de personnes en prière, alignées face à celle qui semble être leur rabbin. Elles sont joyeuses et accueillantes, aussi je les rejoins. Mais, ne connaissant ni leurs rituels ni leurs chants, je me fais bien vite exclure par leurs regards réprobateurs. Tant pis ! Après tout, j’ai un avion à prendre.

Au bout d’une allée, j’aperçois la signalétique des portes d’embarquements. Nous courrons jusqu’à un guichet où une hôtesse nous apprend que l’avion est en train de partir avec quelques minutes d’avance. Le suivant est dans trois heures. Je propose à M. d’en profiter pour rester un jour de plus et visiter Tel-Aviv, mais les conditions générales de vente de notre billet nous contraint de prendre le vol suivant.

Excedée, l’hôtesse décide soudain d’empêcher notre avion de décoller. Elle paraît furieuse contre ce capitaine qui se paye le luxe de voyager sans certains de ses passagers. Elle saute sur le tarmac, s’engouffre dans une voiture et entreprend de rejoindre l’avion qui déjà s’éloigne vers la piste d’aéroport. Nous n’en revenons pas, c’est digne d’un James Bond !

Finalement, j’ignore si nous sommes rentrés.