Pesanteur

je me déplace avec difficulté. Mes jambes sont affreusement lourdes, comme lestées de plomb.

Non, pas comme. Elles sont effectivement d’un gris uni, mat, et gonflées. Celles d’un alcoolique dont on ne distingue pas les chevilles des mollets.

Autour de moi, des gens courrent, vêtus de combinaisons moulantes intégrales et de masques respiratoires à rayures blanches et noires. Ils courrent et semblent ne pas me voir. Pourtant, au milieu du trottoir, dans cet état quasi stationnaire, je suis un obstacle de taille !

Je veux leur faire signe, les appeler à l’aide, mais mes bras ne m’obéissent pas, qui pendent inertes le long de mon corps, tirant mon buste vers le sol.

Leur course s’accélère et le frottement de leurs corps dans l’air provoque une élévation sensible de la température. L’air se teinte de rouge, la chaleur devient écrasante. Mon corps sue abondamment puis s’affaise sur lui-même. Je fonds. Mes jambes de plomb bientôt ne me tiennent plus, et je finis par m’écouler en flaque sur le trottoir.

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