La luette

Au pied des Fiat 500 stationnées sur le parvi coulent les tapis rouges.

Nous sommes cent à descendre de nos berlines et entamer de conserve une lente procession sur ces tapis rouges qui se révèlent mécaniques, et bien plus rapides qu’on ne l’avait cru d’abord.

Les langues rouges se rejoignent en autant de files parallèles qui toutes convergent vers une bouche géante, en fait l’entrée d’une fête foraine.

La coutume veut qu’on mette un coup de poing dans la luette en entrant. Celle-ci ressemble d’ailleurs à un punching-ball suspendu.

A l’intérieur, des guirlandes lumineuses clignotent de toutes les couleurs, déchirant brièvement l’obscurité pour révéler des visages tantôt souriants tantôt hilares, en stroboscopie.

Une odeur de vase flatte les narines et j’aperçois mes soeurs dans la foule. Elles s’approchent en pleurant. Lorsque je les atteints, elles sont pâles, mortes en fait, et m’ouvrent la porte d’un boui-boui étrange d’où proviennent des cris de lapins. J’éprouve un énorme dégoût et me jette sur la pipe à opium qui gît sur une nate. Mes soeurs aussitôt se mettent à rire de plus en plus méchamment, tandis que je sombre.

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